Une Anthropologie Réflexive La Rencontre Avec Les Sans-Abri

Des peintres russes, ukrainiens dont les avaient décidé de ne pas se cantonner aux palais et aux églises mais de représenter le peuple tel quon pouvait le rencontrer dans la vie quotidienne. En voici un exemple parmi tant dautres avec une oeuvre de Nikolaï Skadovski Laboratoire de Changement Social et Politique LCSP 2018. Dirigé par Claudia Hilb et Martine Leibovici De lhomme liminaire à la personne sociale : la lutte quotidienne des sans-abris par SUPIOT Alain dir, 2001. Pour une politique des sciences de lhomme et de la société recueil des travaux du Conseil national du développement des sciences humaines et sociales.Paris, PUF Quadrige. Vivianne Châtel éd, Linexistence sociale. Essai sur le déni de lautre, Academic Press Fribourg. MédiaMultimédia : les Chroniques Chez Francis sur Rue89, Aurélie Champagne, journaliste. 35Lexercice graphique offre un autre intérêt. Au-delà de lapport que peut procurer a posteriori lanalyse graphique pour les spécialistes du sujet, lanalyse même succincte de lexercice, à savoir lobservation en cours de réalisation de la dextérité du trait et de lécriture, permet de repérer les potentielles difficultés inhérentes à lexpression écrite, à labstraction, à la compréhension et au respect des consignes, au repérage dans lespace, à la projection dans le temps, etc. Autant déléments impactant potentiellement la gestion de sa situation SDF ou de mal-logement, autrement dit la démarche dinsertion, tant les procédures administratives sont nombreuses et complexes. Quand on nen veut rien savoir : la recherche face au déni collectif, Daniel Terrolle, Anthropologue, maitre de conférences en anthropologie Université Paris 8 une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri Lallier C. 2009, Pour une Anthropologie filmée des interactions sociales, Paris, Éditions des archives contemporaines I. Jablonka, Histoire des grands-parents que je nai pas eus, Paris, Seuil, 2012, p.11. Cette contribution tente dinterroger les conditions préalables à toute recherche parmi les populations afro-américaines. Les réflexions ici présentées abordent la nécessité dune approche réflexive afin de mieux saisir lenjeu de ce champ détude spécifique. Elles partent dune lecture croisée de deux expériences de terrain parmi les populations afro-mexicaines, effectuées à différents moments par deux doctorants. La réflexivité postulée porte sur limportance du corps dans des sociétés marquées durant la période coloniale par une forte racialisation des rapports intersubjectifs ; axiologie encore agissante de nos jours. Dans lintroduction nous présenterons brièvement le contexte socio-culturel de la Costa Chica mexicaine, puis nous nous attacherons à présenter nos différentes pratiques de terrain, pour ensuite les faire dialoguer afin den dégager une brève auto-analyse. Enfin, nous soulignerons quelques postulats quant à la possibilité dune recherche sur les Afro-Amériques. Ainsi interroger la notion de terrain et la place du sujet observant dans le cadre dun texte littéraire ne revient pas, ou pas seulement, à tirer lenquête vers la tentation autobiographique, mais à mettre en question, voire en crise, les modalités de production de certains savoirs objectifs, ou considérés comme tels. En dautres termes, les littératures documentaires nourrissent, même si elles le font de manière souvent indirecte, une réflexion dordre épistémologique concernant ce quil est possible ou non de connaître et dobserver dun objet ou dun terrain donné depuis un point de vue déterminé par des conditions matérielles dexistence. Cest en cela que ces littératures et pratiques artistiques rejoignent les réflexions beaucoup plus théoriques menées dans le domaine des épistémologies féministes sur la notion de positionnement ou point de vue standpoint, qui émerge en 1983 avec la publication de larticle The Feminist Standpoint de la philosophe et politologue Nancy Hartsock, et que les travaux de Sandra Harding et de Donna Haraway ont contribué à diffuser largement dès la fin des années 1980. Les littératures de terrain, même si elles sélaborent dans un cadre discursif a priori très éloigné des travaux de ces penseuses, rejoignent les théories des savoirs situés sur un certain nombre de points, parmi lesquels figurent le privilège épistémique accordé aux points de vue marginalisés, la place accordée à lexpérience quotidienne, le recours aux expertises sauvages, la mise en question de la légitimité à parler sur et à parler pour, ou encore la critique des savoirs institutionnalisés et de la neutralité scientifique. Nous avons rencontré Gilles lors de concerts à domicile. Notre démarche de proximité et notre environnement rythmique lui a tout de suite parlé. Quelques échanges passionnés et deux titres La mémoire des mains et Grand chef saoul on suffit à faire naître lévidence dune collaboration sur le projet inVisibles. Bibliothèque : Médiathèque du musée du quai Branly-Jacques Chirac. une anthropologie réflexive la rencontre avec les sans-abri Des expériences en animation mavaient aussi montré que javais un certain feeling avec les enfants. Mais je me trouvais trop immature. Je ne pouvais pas envisager daccompagner au quotidien des jeunes auxquels jaurais pu trop midentifier. Il aura donc fallu un déclic, après une période particulière, à 25 ans, qui a déclenché en moi cette vocation, ou du moins qui a révélé le désir de continuer mon chemin de vie en passant par lexpérience en tant quéducateur spécialisé. La colocation avec Jérôme, un cuisinier en saison hivernale a été pour moi la révélation de ma place au sein dune société inégalitaire que je considérais comme injuste. Ce jeune homme de 29 ans avait échappé à toutes les institutions sociales depuis lâge de quinze ans. Il avait un parcours derrance, de voyages et des addictions. Ses comportements agressifs le rejetaient du reste du village et de la plupart du groupe de saisonnier. Il me révélait lambivalence entre linjustice sociale, la vulnérabilité, voire la malchance ou la maladresse. La violence du conflit, lié à cette rencontre, pour moi-même et avec lui, ma incité à chercher du cadre dans la relation, pour supporter la souffrance que peut renvoyer celle des autres et participer à la lutte contre les inégalités sociales par laccompagnement. ADAM I, BEN MOHAMED N, Kagné B, MARTINIELLO M, REA A, Histoires sans-papiers, Le chapitre IV poursuit la description de la survie en sintéressant plus particulièrement aux lieux investis la nuit et le jour. La géographie du savoir-survivre est en effet très riche et se compose de nombreux espaces : espaces publics bien sûr mais aussi espaces de lassistance procurée par les associations caritatives et humanitaires qui constituent un réseau de services directement proposés aux personnes sans domicile. Selon les associations et les lieux, les prestations sont différentes et sadressent à des publics ciblés : offre de nourriture, aide à la recherche demploi, vestiaire, douche, activités dinsertion, etc. Au cours de la carrière, les individus circulent au sein de ce maillage complexe, en fonction de leur besoin et de la connaissance quils ont des offres et de la qualité des prestations proposées. La survie la nuit consiste également à trouver un abri ou un lieu dhébergement. Lauteur insiste notamment sur la perception quont les personnes sans domicile de leur habitat. Lappréciation de son habitat varie suivant le degré dappropriation, lenvironnement proche, qui assure laccès facilité aux ressources de la survie, ainsi que la sociabilité entre pairs qui sy joue et la sécurité quelle confirme p. 187 Ce faisant, elle sous-entend quil faut se garder dune interprétation hâtive et courante, surtout en période hivernale, de la situation des personnes qui vivent dans la rue et ne souhaitent pas être hébergées dans des structures collectives. Certes, laccueil dans des centres dhébergement peut être un soulagement pour ces personnes qui sont non seulement au chaud mais peuvent aussi récupérer les heures de sommeil manquant ou évacuer le stress des nuits à la rue. Mais labri, dans lespace public ou ailleurs, sil est investi, habité, peut être préféré à la structure collective car celle-ci génère un sentiment de relégation sociale : le sentiment de relégation sociale peut être plus aigu dans une structure collective noffrant aucune condition décente que dans un abri affichant, dans son agencement intime, le résultat des compétences mises en œuvre pour survivre et se maintenir. Au moins, dans le second cas, lindividu peut-il évaluer ses capacités alors que dans le premier il risque de se voir dépossédé de tout, jusquau sentiment de nêtre plus quun numéro p. 187-188 Bruxelles-Capitale, La Strada-Centre dappui au secteur bruxellois daide aux s Pichon Pascale, 1992, La manche, une activité routinière, Annales de la recherche urbaine, n 57-58, p 147-157. Marion J-L, 2004, Le phénomène érotique. Six méditations, Paris, LGF Poche. Toutefois, ce concept ne reflète pas tout à fait la méthode qui fut construite inconsciemment puis consciemment. En effet, la méthode fut dabord participation plus quobservation. En cela, on pourrait la rapprocher dune méthode empathique. Or, pour caractériser réellement ma méthodologie jai dû recourir à un concept pris de Daniel Manrique, un artiste mexicain : le sentipensar sentir-penser : Castel R C. Martin 2012, Changements et Pensée du changement. Échanges avec Robert Castel, Paris, Éditions La Découverte.