{"id":6396,"date":"2020-10-03T03:57:04","date_gmt":"2020-10-03T03:57:04","guid":{"rendered":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/?p=6396"},"modified":"2020-09-26T22:42:02","modified_gmt":"2020-09-26T22:42:02","slug":"une-anthropologie-reflexive-la-rencontre-avec-les-sans-abri-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/2020\/10\/03\/une-anthropologie-reflexive-la-rencontre-avec-les-sans-abri-2\/","title":{"rendered":"Une Anthropologie R\u00e9flexive La Rencontre Avec Les Sans-Abri"},"content":{"rendered":"<p>Des peintres russes, ukrainiens dont les avaient d\u00e9cid\u00e9 de ne pas se cantonner aux palais et aux \u00e9glises mais de repr\u00e9senter le peuple tel quon pouvait le rencontrer dans la vie quotidienne. En voici un exemple parmi tant dautres avec une oeuvre de Nikola\u00ef Skadovski Laboratoire de Changement Social et Politique LCSP 2018. Dirig\u00e9 par Claudia Hilb et Martine Leibovici De lhomme liminaire \u00e0 la personne sociale : la lutte quotidienne des sans-abris par SUPIOT Alain dir, 2001. Pour une politique des sciences de lhomme et de la soci\u00e9t\u00e9 recueil des travaux du Conseil national du d\u00e9veloppement des sciences humaines et sociales.Paris, PUF Quadrige. Vivianne Ch\u00e2tel \u00e9d, Linexistence sociale. Essai sur le d\u00e9ni de lautre, Academic Press Fribourg. M\u00e9diaMultim\u00e9dia : les Chroniques Chez Francis sur Rue89, Aur\u00e9lie Champagne, journaliste. 35Lexercice graphique offre un autre int\u00e9r\u00eat. Au-del\u00e0 de lapport que peut procurer a posteriori lanalyse graphique pour les sp\u00e9cialistes du sujet, lanalyse m\u00eame succincte de lexercice, \u00e0 savoir lobservation en cours de r\u00e9alisation de la dext\u00e9rit\u00e9 du trait et de l\u00e9criture, permet de rep\u00e9rer les potentielles difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 lexpression \u00e9crite, \u00e0 labstraction, \u00e0 la compr\u00e9hension et au respect des consignes, au rep\u00e9rage dans lespace, \u00e0 la projection dans le temps, etc. Autant d\u00e9l\u00e9ments impactant potentiellement la gestion de sa situation SDF ou de mal-logement, autrement dit la d\u00e9marche dinsertion, tant les proc\u00e9dures administratives sont nombreuses et complexes. Quand on nen veut rien savoir : la recherche face au d\u00e9ni collectif, Daniel Terrolle, Anthropologue, maitre de conf\u00e9rences en anthropologie Universit\u00e9 Paris 8 <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/ressources.bragelonne.fr\/img\/livres\/2010-12\/1012-septieme.jpg\" alt=\"une anthropologie r\u00e9flexive la rencontre avec les sans-abri\" align=\"right\"> <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/docplayer.fr\/docs-images\/43\/8820354\/images\/page_7.jpg\" alt=\"une anthropologie r\u00e9flexive la rencontre avec les sans-abri\" align=\"right\"> Lallier C. 2009, Pour une Anthropologie film\u00e9e des interactions sociales, Paris, \u00c9ditions des archives contemporaines I. Jablonka, Histoire des grands-parents que je nai pas eus, Paris, Seuil, 2012, p.11. Cette contribution tente dinterroger les conditions pr\u00e9alables \u00e0 toute recherche parmi les populations afro-am\u00e9ricaines. Les r\u00e9flexions ici pr\u00e9sent\u00e9es abordent la n\u00e9cessit\u00e9 dune approche r\u00e9flexive afin de mieux saisir lenjeu de ce champ d\u00e9tude sp\u00e9cifique. Elles partent dune lecture crois\u00e9e de deux exp\u00e9riences de terrain parmi les populations afro-mexicaines, effectu\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents moments par deux doctorants. La r\u00e9flexivit\u00e9 postul\u00e9e porte sur limportance du corps dans des soci\u00e9t\u00e9s marqu\u00e9es durant la p\u00e9riode coloniale par une forte racialisation des rapports intersubjectifs ; axiologie encore agissante de nos jours. Dans lintroduction nous pr\u00e9senterons bri\u00e8vement le contexte socio-culturel de la Costa Chica mexicaine, puis nous nous attacherons \u00e0 pr\u00e9senter nos diff\u00e9rentes pratiques de terrain, pour ensuite les faire dialoguer afin den d\u00e9gager une br\u00e8ve auto-analyse. Enfin, nous soulignerons quelques postulats quant \u00e0 la possibilit\u00e9 dune recherche sur les Afro-Am\u00e9riques.  Ainsi interroger la notion de terrain et la place du sujet observant dans le cadre dun texte litt\u00e9raire ne revient pas, ou pas seulement, \u00e0 tirer lenqu\u00eate vers la tentation autobiographique, mais \u00e0 mettre en question, voire en crise, les modalit\u00e9s de production de certains savoirs objectifs, ou consid\u00e9r\u00e9s comme tels. En dautres termes, les litt\u00e9ratures documentaires nourrissent, m\u00eame si elles le font de mani\u00e8re souvent indirecte, une r\u00e9flexion dordre \u00e9pist\u00e9mologique concernant ce quil est possible ou non de conna\u00eetre et dobserver dun objet ou dun terrain donn\u00e9 depuis un point de vue d\u00e9termin\u00e9 par des conditions mat\u00e9rielles dexistence. Cest en cela que ces litt\u00e9ratures et pratiques artistiques rejoignent les r\u00e9flexions beaucoup plus th\u00e9oriques men\u00e9es dans le domaine des \u00e9pist\u00e9mologies f\u00e9ministes sur la notion de positionnement ou point de vue standpoint, qui \u00e9merge en 1983 avec la publication de larticle The Feminist Standpoint de la philosophe et politologue Nancy Hartsock, et que les travaux de Sandra Harding et de Donna Haraway ont contribu\u00e9 \u00e0 diffuser largement d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1980. Les litt\u00e9ratures de terrain, m\u00eame si elles s\u00e9laborent dans un cadre discursif a priori tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 des travaux de ces penseuses, rejoignent les th\u00e9ories des savoirs situ\u00e9s sur un certain nombre de points, parmi lesquels figurent le privil\u00e8ge \u00e9pist\u00e9mique accord\u00e9 aux points de vue marginalis\u00e9s, la place accord\u00e9e \u00e0 lexp\u00e9rience quotidienne, le recours aux expertises sauvages, la mise en question de la l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 parler sur et \u00e0 parler pour, ou encore la critique des savoirs institutionnalis\u00e9s et de la neutralit\u00e9 scientifique. Nous avons rencontr\u00e9 Gilles lors de concerts \u00e0 domicile. Notre d\u00e9marche de proximit\u00e9 et notre environnement rythmique lui a tout de suite parl\u00e9. Quelques \u00e9changes passionn\u00e9s et deux titres La m\u00e9moire des mains et Grand chef saoul on suffit \u00e0 faire na\u00eetre l\u00e9vidence dune collaboration sur le projet inVisibles. Biblioth\u00e8que : M\u00e9diath\u00e8que du mus\u00e9e du quai Branly-Jacques Chirac.  <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/f.hypotheses.org\/wp-content\/blogs.dir\/424\/files\/2014\/07\/IMG_6958.jpg\" alt=\"une anthropologie r\u00e9flexive la rencontre avec les sans-abri\" align=\"left\"> Des exp\u00e9riences en animation mavaient aussi montr\u00e9 que javais un certain feeling avec les enfants. Mais je me trouvais trop immature. Je ne pouvais pas envisager daccompagner au quotidien des jeunes auxquels jaurais pu trop midentifier. Il aura donc fallu un d\u00e9clic, apr\u00e8s une p\u00e9riode particuli\u00e8re, \u00e0 25 ans, qui a d\u00e9clench\u00e9 en moi cette vocation, ou du moins qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le d\u00e9sir de continuer mon chemin de vie en passant par lexp\u00e9rience en tant qu\u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9. La colocation avec J\u00e9r\u00f4me, un cuisinier en saison hivernale a \u00e9t\u00e9 pour moi la r\u00e9v\u00e9lation de ma place au sein dune soci\u00e9t\u00e9 in\u00e9galitaire que je consid\u00e9rais comme injuste. Ce jeune homme de 29 ans avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 toutes les institutions sociales depuis l\u00e2ge de quinze ans. Il avait un parcours derrance, de voyages et des addictions. Ses comportements agressifs le rejetaient du reste du village et de la plupart du groupe de saisonnier. Il me r\u00e9v\u00e9lait lambivalence entre linjustice sociale, la vuln\u00e9rabilit\u00e9, voire la malchance ou la maladresse. La violence du conflit, li\u00e9 \u00e0 cette rencontre, pour moi-m\u00eame et avec lui, ma incit\u00e9 \u00e0 chercher du cadre dans la relation, pour supporter la souffrance que peut renvoyer celle des autres et participer \u00e0 la lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales par laccompagnement. ADAM I, BEN MOHAMED N, Kagn\u00e9 B, MARTINIELLO M, REA A, Histoires sans-papiers, Le chapitre IV poursuit la description de la survie en sint\u00e9ressant plus particuli\u00e8rement aux lieux investis la nuit et le jour. La g\u00e9ographie du savoir-survivre est en effet tr\u00e8s riche et se compose de nombreux espaces : espaces publics bien s\u00fbr mais aussi espaces de lassistance procur\u00e9e par les associations caritatives et humanitaires qui constituent un r\u00e9seau de services directement propos\u00e9s aux personnes sans domicile. Selon les associations et les lieux, les prestations sont diff\u00e9rentes et sadressent \u00e0 des publics cibl\u00e9s : offre de nourriture, aide \u00e0 la recherche demploi, vestiaire, douche, activit\u00e9s dinsertion, etc. Au cours de la carri\u00e8re, les individus circulent au sein de ce maillage complexe, en fonction de leur besoin et de la connaissance quils ont des offres et de la qualit\u00e9 des prestations propos\u00e9es. La survie la nuit consiste \u00e9galement \u00e0 trouver un abri ou un lieu dh\u00e9bergement. Lauteur insiste notamment sur la perception quont les personnes sans domicile de leur habitat. Lappr\u00e9ciation de son habitat varie suivant le degr\u00e9 dappropriation, lenvironnement proche, qui assure lacc\u00e8s facilit\u00e9 aux ressources de la survie, ainsi que la sociabilit\u00e9 entre pairs qui sy joue et la s\u00e9curit\u00e9 quelle confirme p. 187 Ce faisant, elle sous-entend quil faut se garder dune interpr\u00e9tation h\u00e2tive et courante, surtout en p\u00e9riode hivernale, de la situation des personnes qui vivent dans la rue et ne souhaitent pas \u00eatre h\u00e9berg\u00e9es dans des structures collectives. Certes, laccueil dans des centres dh\u00e9bergement peut \u00eatre un soulagement pour ces personnes qui sont non seulement au chaud mais peuvent aussi r\u00e9cup\u00e9rer les heures de sommeil manquant ou \u00e9vacuer le stress des nuits \u00e0 la rue. Mais labri, dans lespace public ou ailleurs, sil est investi, habit\u00e9, peut \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 la structure collective car celle-ci g\u00e9n\u00e8re un sentiment de rel\u00e9gation sociale : le sentiment de rel\u00e9gation sociale peut \u00eatre plus aigu dans une structure collective noffrant aucune condition d\u00e9cente que dans un abri affichant, dans son agencement intime, le r\u00e9sultat des comp\u00e9tences mises en \u0153uvre pour survivre et se maintenir. Au moins, dans le second cas, lindividu peut-il \u00e9valuer ses capacit\u00e9s alors que dans le premier il risque de se voir d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de tout, jusquau sentiment de n\u00eatre plus quun num\u00e9ro p. 187-188 Bruxelles-Capitale, La Strada-Centre dappui au secteur bruxellois daide aux s  Pichon Pascale, 1992, La manche, une activit\u00e9 routini\u00e8re, Annales de la recherche urbaine, n 57-58, p 147-157. Marion J-L, 2004, Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9rotique. Six m\u00e9ditations, Paris, LGF Poche. Toutefois, ce concept ne refl\u00e8te pas tout \u00e0 fait la m\u00e9thode qui fut construite inconsciemment puis consciemment. En effet, la m\u00e9thode fut dabord participation plus quobservation. En cela, on pourrait la rapprocher dune m\u00e9thode empathique. Or, pour caract\u00e9riser r\u00e9ellement ma m\u00e9thodologie jai d\u00fb recourir \u00e0 un concept pris de Daniel Manrique, un artiste mexicain : le sentipensar sentir-penser : Castel R C. Martin 2012, Changements et Pens\u00e9e du changement. \u00c9changes avec Robert Castel, Paris, \u00c9ditions La D\u00e9couverte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>une anthropologie r\u00e9flexive la rencontre avec les sans-abri<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6396"}],"collection":[{"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6396"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6396\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6397,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6396\/revisions\/6397"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/shyamalarmy.com\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}